Introduction aux théories d'Abraham Moles
par Victor Schwach
Le texte ci-après a été rédigé pour servir d'introduction à un ouvrage rassemblant divers textes d'Abraham Moles sur sa psychologie de l'espace. En effet, la diffusion du livre paru aux edition Casterman n'est plus assurée et la majorité des articles sont introuvables depuis plusieurs années. Or, ces textes sont importants non seulement dans la pensée de Moles ou la théorie de l'espace, mais ils peuvent être considérés comme des textes d'anthologie des sciences de l'homme. Comme tels leur réédition nous paraît indispensable.
1. Psychologie de l'espace
Moles aborde la question en posant que, pour l'être, l'espace pur n'a pas d'existence ; l'espace n'existe que par la référence à un sujet, un groupe, un contenu, un point de vue, etc. L'idée d'une psychologie correspond dès lors à l'étude de la façon dont l'individu appréhende, c'est-à-dire pense, catégorise, comprend l'espace et son contenu.
Les deux modes fondamentaux de perception de l'espace
Moles isole deux modes de perception :
Lindividu est partagé entre ces deux systèmes de pensées contradictoires. Il passe de lun à lautre sans en avoir conscience, produisant des comportements et des raisonnements apparaissant irrationnels aux yeux de lobservateur superficiel. Dun côté lindividu sait raisonner de façon géométrique, il soriente, calcule des distances, élabore des trajets,... De lautre côté il investit lespace dune affectivité égocentrique lui conférant des propriétés anisotropiques inacceptables pour lesprit cartésien. On aurait pu penser que Moles se contente dobserver cette dualité en notant comment les êtres passent de lun à lautre, quitte à laisser surgir des contradictions. Son projet est différent, il montre non seulement lalternance mais encore lintrication de ces deux attitudes. Pour Moles il ny a pas véritablement deux psychologies spatiales, mais une seule, complexe et qui fluctue selon les situations.
Le psychologue est intéressé par cette phénoménologie qui prend en compte la subjectivité, donc la dimension affective de l'espace vécu. Le sujet - dans le vocabulaire molésien, l'individu - est au centre de la problématique, il est la référence première.
L'appropriation de l'espace
La psychologie de l'espace, définie comme l'étude du rapport de l'homme à l'espace, porte un intérêt particulier au mécanisme de l'appropriation. Alors que la philosophie de l'étendue est dominée par l'équivalence du "partout pareil" (isotropie) et donc l'errance, la philosophie d'un espace centré a pour conséquence ce mouvement de l'être de "dominer l'espace au lieu d'être dominé par lui", le faire sien, s'y fixer, l'habiter. Corrélativement aux deux attitudes, Moles décrit deux modes d'appropriation : l'exploration et l'enracinement.
L'appropriation correspond tout d'abord à la possibilité de différencier l'Ici de l'Ailleurs, c'est-à-dire d'attribuer au point ici un ensemble de qualités propres - relativement à l'être de référence - susceptibles de favoriser ce mouvement affectif de fixation de l'être. La problématique est double :
Les idées de Moles s'articulent autour d'une double dialectique. En premier lieu, l'opposition enracinement/errance, qu'il considère comme une problématique anthropologique fondamentale de l'homme dans l'espace. En ce second lieu, il évoque la recherche de convivialité, donc l'adhésion à la communauté (Chermayeff), qu'il met en opposition avec le mouvement de privatisation, donc l'isolement. Sa théorie psychologique s'articule ainsi autour de deux thèmes : la fixation de l'être dans l'espace et la relation avec les autres.
2. La proxémique
La distance atténue toute chose
Pour Moles, la proxémique équivaut d'abord à une loi de "perspective" selon laquelle l'importance des événements, des choses... décroît avec la distance au point ici. Cette loi découle de la phénoménologie de l'espace centré. Si "Moi, Ici et Maintenant", je suis le centre du monde, alors ce qui m'importe le plus, c'est ce qui se passe à proximité de moi parce que cela me concerne. Quant à ce qui arrive loin, ailleurs,... Afin d'en souligner la portée, Moles l'appelle la loi d'airain de la psychologie de l'espace.
L'idée de proxémique repose sur la primauté de l'Ici et le phénomène d'atténuation avec la distance. Interviennent cependant des variations ponctuelles, en contradiction avec l'idée de continuité - par exemple, lorsque l'architecture renforce l'opposition entre l'Ici et l'Ailleurs, le dedans et le dehors. La paroi introduit une atténuation comparable à une distance importante, et c'est pourquoi Moles la définit comme une condensation de l'espace. La démarche proxémique consiste ainsi à identifier et analyser différentes formes (gestalt) et les mécanismes (psychologiques) qui les caractérisent : fenêtre, porte, etc.
Les coquilles de l'homme
Comme tout auteur approchant la proxémique, Moles établit une typologie, sa théorie des coquilles de lhomme. Il décrit huit zones concentriques autour de lêtre, qu'il présente à la manière des peaux dun oignon. Ces zones correspondent à la position dun être isolé et nu qui appréhende son environnement comme un espace illimité. Elles sétendent depuis lespace corporel (la peau) jusquau vaste monde. Les zones sont évidemment différenciées dans lespace selon leur distance au point ici (ou plus exactement selon le logarithme de cette distance), mais cette distance ne suffit pas à les définir. Le critère décisif est la représentation, donc le vécu de lindividu pour qui lexpérience, par exemple du quartier, est autre chose que son expérience de la ville. Au cur de ses coquilles, Moles place les mécanismes d'appropriation, ainsi que les modes d'action. Enfin, ces catégories sont également déterminées socialement. Il sagit donc dun phénomène psycho-socio-spatial.
Prenons l'exemple du déplacement. Il est intuitivement patent qu'il s'agit d'une problématique très différente selon qu'il intervienne dans le quartier, la ville ou le vaste monde. Pour en rendre compte, Moles introduit des critères tels que la spontanéité, l'organisation et plus tard la notion de sécurité. Il complète l'énoncé de la loi (psychophysique) proxémique par une analyse gestaltiste : par-delà la continuité de la loi générale, les discontinuités perceptives et comportementales définissent des formes particulières, les catégories spatiales.
Remarquons que la plupart des publications de sa typologie omettent la mention de cette catégorie-bis qu'il introduit tardivement (dans un article destiné aux géographes), à savoir la nation, le pays. La prise en compte des questions d'identité nationale, de langue, etc. permettent de justifier sa démarche de "réparer" ce qui apparaît comme un "oubli". Cependant, en reprenant par exemple la notion de voyage, on vérifie que le lointain - avec ses contraintes d'organisation - commence au-delà de la région et donc pour le psychologue qui étudie le rapport de l'être avec l'espace, il n'y a pas de raison pour différencier un "loin" national d'un "loin" international, mais seulement "l'espace des projets".
Moles et les autres typologies (Hall et Goffman)
Moles n'est pas le seul à réfléchir aux catégories. Comparons son modèle avec les autres : Hall et Goffman. Hall combine, lui aussi, les observations et les mesures. Pour cet auteur, lespace est un langage silencieux dans le sens où les comportements spatiaux mobilisent un code. Il identifie des types quil étage de façon concentrique autour de lindividu : les distances (intime, privée, sociale, publique). Dans chaque interaction l'individu se tient à une certaine distance d'autrui et l'écartement interpersonnel est défini par le code. Par-delà l'analyse des comportements, du vécu, des significations associées aux distances, Hall établit essentiellement une correspondance entre la distance spatiale et la nature de la relation (ex. le statut social, le degré d'intimité). Dans sa démarche Hall reste proche d'un point de vue hérité de ses références au règne animal, mais il y ajoute une référence culturelle, puisque l'autre de ses contributions majeures est d'avoir montré que le code varie d'une culture à l'autre. La rencontre interculturelle peut de ce fait prêter à des contresens sources de complications.
Quant à Goffman, sa typologie est tributaire de sa sociologie du rôle et entre dans son analyse de la codification sociale de linteraction. Demblée, sa construction est moins spatiale et se fonde sur la recherche de droits. Le droit à lespace nest quun aspect parmi dautres. Il décrit une typologie qui répertorie à la façon d'un portrait chinois l'ensemble des "réserves" ; lespace personnel, la place, lespace utile, le tour,... les réserves dinformation et, bien entendu, les droits concernant la conversation.
Cette rapide évocation des trois élaborations montre quelles sont inconciliables, car issues de projets différents. Ces analyses ont toutes leur pertinence et donc leur utilité, mais elles restent tributaires du champ théorique duquel elles sont issues. Contrairement aux autres, le propos de Moles n'est pas d'étudier l'interaction mais de définir les catégories conceptuelles et expériencielles d'un être isolé et nu dans l'espace.
3. Sociologie de l'espace
Bien qu'appelé à l'Université de Strasbourg pour y travailler avec Henri Lefèbvre, on ne trouve dans la théorie de Moles aucune influence significative de cet auteur. Il n'a considéré ni la production sociale de l'espace, ni les auteurs du courant marxiste, ni des concepts comme l'opposition ville/campagne, la notion de classe sociale, etc. Même lorsqu'il aborde la composante sociologique de sa théorie, il reste fidèle à la position phénoménologique et étudie comment l'individu se situe par rapport à la société.
La société comme contrainte
Moles n'adhère pas non plus à l'idée d'un déterminisme sociologique opérant à la façon d'une aliénation, en modelant le comportement des "agents sociaux". Son intérêt s'oriente vers la liberté de l'individu et les mécanismes par lesquels la société en limite l'exercice. Et c'est pourquoi il se fixe sur cette figure emblématique du contrôle social et de la restriction des libertés : l'agent de police. D'une façon parfois étonnante - comme si ce grand intellectuel était intimidé par l'autorité d'un simple flic : Moles, légaliste, ne discute pas cette autorité - mais en examine les conséquences notant, par exemple, qu'il existe des régions où ce contrôle est moins présent (le désert).
Si l'idée de liberté peut se penser à partir de cette catégorie qu'est la liberté d'aller et venir, alors la société peut se penser, elle, à partir des contraintes qu'elle impose aux déplacements. Or, malgré la multiplication des règles, l'emprise de la société n'est jamais totale, car ces limitations comportent toujours des zones floues et des frontières élastiques, donc des marges et des interstices. Autrement dit, Moles aborde la sociologie par une métaphore spatiale : la société comme labyrinthe ; l'intérêt du sociologue étant d'examiner le degré de liberté restant (résiduellement) à l'être.
Le système social
L'autre idée-clé est la thèse que dans le monde moderne, la vie sociale n'est plus régie par le contrat social. Pour reprendre sa formule : il n'y a plus de société, mais un système social. La société paraît alors se transformer en un système social constitué non plus d'une institution unitaire, centralisée et normalisante, mais d'un agrégat d'éléments disparates, imbriqués les uns dans les autres à plusieurs niveaux : individu, groupes, minorités.
Cette conception prolonge les remarques précédentes sur l'individu inséré dans le labyrinthe social, à savoir la mise en scène d'un être seul face à l'ensemble du système, par l'étude du rapport des individus entre eux. C'est, en effet, l'une des question qui se dégage de la conception centrée de l'espace : peut-il y avoir un autre centre du monde que Moi ? Moles l'aborde à la fois dans une perspective structurale (les atomes), cybernétique (les relations), et phénoménologique (l'individu face au système).
La question de la liberté reste là encore une préoccupation fondamentale. En effet, il répète dans plusieurs de ses articles sur l'espace, cette position : Etre en mesure de refuser le social donne à l'être la possibilité de l'accepter et ce faisant de s'insérer dans un espace nécessairement partagé. Et réciproquement : l'individu n'accepte la société que dans la mesure où il est capable de la refuser.
Et c'est pourquoi il faut insister sur le fait que sa description de l'atome social inséré dans un labyrinthe suppose la doctrine d'un être fondamentalement seul : l'individu face aux contraintes de la vie sociale (Voir aussi Alexandre, 1994) avec en filigrane toujours la possibilité (la tentation ?) de s'échapper dans les territoires où la pesanteur sociale est moindre (le désert). Sur un autre plan, il remarque que l'archétype du labyrinthe rend compte d'une organisation (sociale) dans l'espace qui permet la densité des individus sans pour autant créer des rencontres. Les êtres restent séparés les uns des autres par les murs et se déplacent (errent) comme dans un désert. Autrement dit, l'individu reste seul - ou se ressent comme tel - même dans la société de masse.
4. L'espace comme cadre : l'idée d'écologie
Définition
L'espace n'existe que par ce qui le remplit. Par ce principe Moles ne définit plus l'espace relativement à un être, mais (en plus ?) comme un contenant, structuré et organisé par ce qui est contenu : événements, personnes, actes, communications, rencontres, objets, etc. Dans tous ces domaines, il élabore une théorie écologique : écologie des rencontres, écologie des objets, écologie des actes, etc. Prenons l'exemple des communications, autre thématique majeure chez cet auteur.
Ecologie des communications
Son encyclopédie consacrée à la communication (1971,1973) comporte un article qu'il a rédigé lui-même, et plus tard son ouvrage de synthèse, Théorie structurale de la Communication et société (1986) reprend ce développement en le complétant. L'idée d'écologie est donc une composante essentielle, à la fois dans sa théorie de l'espace et dans sa théorie des communications.
"L'écologie de la communication est la science, en développement, des relations et interactions existant entre les différentes espèces d'activités de communication à l'intérieur d'un ensemble social dispersé dans un territoire : entreprise, ville, Etat, globe terrestre, etc. C'est, pour ainsi dire, une science statistique des moyens de communication, des messages qu'ils transportent, de leurs relations entre eux : téléphone-t-on plus qu'on ne télégraphie, et si l'on téléphone de plus en plus, télégraphie-t-on de moins en moins ? Vaut-il mieux envoyer une lettre ou aller faire une visite ? Tels seront les problèmes posés par l'existence de réseaux divers, de modes de communication distincts les uns par rapport aux autres et par rapport aux individus dont ils innervent une masse sociale". (Moles, 1993, 246-265)
Ainsi posée, l'écologie focalise l'analyse sur les transactions et plus encore sur la circulation des messages. A l'avant-plan vient la notion de réseau : comment circule la communication entre récepteurs et émetteurs ? Quelles sont les contraintes, les conséquences tant au niveau individuel que social ?
Moles s'appuie sur deux auteurs qu'il cite fréquemment : Zipf et Meier. Il présente le premier comme "l'un des créateurs de la statistique linguistique et de l'écologie des phénomènes humains" (La communication, 1973). Effectivement, on doit à ce linguiste de nombreuses statistiques sur les communications, et sa contribution la plus connue concerne l'importance, à l'échelle sociologique, de la loi du moindre effort, particulièrement dans la communication à distance. Zipf calcule qu'entre deux villes le nombre de messages échangés est proportionnel à leurs populations et inversement proportionnelle à la distance qui les sépare. Cette fonction s'applique (à des constantes près) aussi bien aux messages par téléphone, trafic aérien, fret ferroviaire, etc. On comprend que Moles, sensible aux lois mathématiques et soucieux de construire une théorie écologique des communications, ait été intéressé par cette loi qui fournit un cadre définissant une sorte de mécanisme d'attraction universelle des ensemble sociaux.
Le propos de Meier est d'examiner comment les communications expliquent en partie l'existence, le fonctionnement et l'organisation des villes. Dans son livre paru en 1962 aux Etats-Unis, "Croissance urbaine et théorie des communications", il consacre un chapitre à l'analyse du lien entre les hommes : le lien est ce qui permet la cohésion sociale (que la ville n'éclate pas) et, pour lui, il résulte en partie de la communication. Meier remarque que la proximité engendre la proximité, parce qu'elle favorise la communication - ce qui crée une attraction -, mais il pondère cette loi par le constat inverse qu'une trop grande proximité (densité/promiscuité) suscite la répulsion. Est ainsi tracée une première base de cette dialectique entre distance spatiale et de distance psychologique, qui permet de rendre compte des variations intervenant lorsque l'on passe d'un point de vue micro-sociologique (le voisinage/la vicinité dans le langage psychosociologique) au point de vue macro-sociologique. En particulier, dans ses publications sur les situations de densité urbaine (la foule, la file d'attente, l'animation des zones piétonne) Moles revient à de nombreuses reprises sur cette observation que la réduction de la distance spatiale conduit à l'augmentation de la distance psychologique - phénomène que Hall et Goffman énoncent également, chacun à sa façon. Dans le contexte de la vie urbaine, elle renvoie à la dialectique évoquée : communauté/privatisation.
Moles n'en reste pas à ces emprunts. Il développe une théorie ambitieuse et originale - qui n'a pas toujours rencontré l'écho qu'elle méritait. Moles considère la communication, et particulièrement les télécommunications, comme une tentative de recréer une relation rendue difficile par la distance. Au centre de son analyse, il place l'idée de téléprésence : par les (télé-)communications les hommes tentent de recréer une intimité, donc une proximité affective par-delà l'effet de la distance. Replacée dans sa théorie de l'espace, l'idée de téléprésence implique la possibilité, par un artifice (la télécommunication), d'abolir ce qu'il a pourtant nommé la loi d'airain de la proxémique : l'effet atténuateur de la distance.
Réseau et distance
Cette analyse ne conduit nullement à adopter "l'idéologie de la communication de l'Unesco" définie par l'adage : Plus on communique, mieux c'est. Moles analyse avec prudence l'avènement d'une société, qu'il appelle société câblée ou cité câblée, et qui se caractérise par la multiplication des réseaux. Fidèle à son orientation cybernétique et structuraliste, il décrit que les atomes sociaux sont dorénavant reliés entre eux par le lien de la télécommunication. Le réseau maillé (égalitaire ?) s'est substitué au réseau pyramidal et hiérarchique. Cette analyse, cependant, met encore en scène un homme seul, notamment lorsqu'il formule la position (phénoménologique) paradoxale de l'homme dans une société câblée : Fortement reliés aux réseaux, les individus ne sont pas, a priori, reliés les uns avec les autres.
Sur le plan de la psychologie de l'espace, l'avènement de la société câblée apporte un brouillage des lois définies antérieurement. A l'échelle individuelle, la loi proxémique s'estompe : que veut dire loin, si la communication est immédiate et si même son prix est indépendant de la distance ? Et réciproquement quel intérêt accorder à celui qui est près, puisque le réseau n'est que la traduction électronique du labyrinthe social où l'individu reste fondamentalement isolé ? A l'échelle sociale, le réseau (maillé) devient une nouvelle métaphore de la société - l'individu est connecté. A ce stade il renoue alors avec la démarche structurale pour décrire comment à partir de ces individus connectés, le réseau (système) se structure et devient une superstructure.
Malgré son intérêt pour l'idée de convivialité, Moles n'adopte pas la vision du village planétaire. Au contraire, il combat l'utopie de Mc Luhan avec deux arguments. Certes, la société câblée se caractérise par l'opulence communicationnelle (une idée calquée sur le concept Galbraith), mais comme toute action, la communication exige un effort et représente par-là un coût, en particulier communiquer consomme du temps. La communication se trouve dès lors encadrée par la disposition de l'être à consentir cet effort, d'où l'idée d'un budget communicationnel. Ensuite, l'idée de village suppose un processus de maturation du groupe des villageois - condition de leur participation aux affaires publiques - et ce processus est une fonction du nombre d'individus présents ; elle est donc réservée aux groupes de dimension modeste.
Au total, la révolution de la société câblée apporte une remise en question de la proxémique, mais elle ne remet pas en question la conception de l'homme : un individu seul face au système social.
5. La poétique de l'espace : la dimension imaginaire
Hériter de Bachelard dont il disait avoir suivi l'enseignement, Moles reprend à son compte les thèmes classiques de la poétique de l'espace (l'opposition dedans/dehors, la porte, etc.). L'un et l'autre analysent la dualité fondatrice de l'approche phénoménologique-poétique, opposant lhomme raisonnable à lêtre de lexpérience immédiate. L'analyse poétique suppose la mise entre parenthèses de la rationalité, l'abandonnant provisoirement aux géomètres, pour cerner les composantes les plus sensibles.
L'espace sacré
Moles ouvre son texte sur l'espace du sacré par l'affirmation que l'espace n'est pas neutre, il n'est pas un cadre vide à remplir de comportements ; il est cause, source de comportements.
L'analyse de l'espace sacré correspond à cette démarche. Identifiant la sacralité par un sentiment spécifique (le mystère, le respect), Moles examine comment le sacré se projette dans l'espace, et comment une topologie particulière crée ce sentiment. La verticalité, par exemple, est une ressource utilisée par toutes les religions. Ce faisant, il introduit l'idée de quantifier le sacré, de le mesurer sur une échelle, et propose une méthode d'observation des variations dans l'espace de ce gradient, en dessinant une carte où il figure ce quil appelle, de façon probablement humoristique, des "lignes isosacrées". Cette analyse prend ainsi en compte plusieurs composantes : la structure de lespace (larchitecture), le vécu de l'individu et son comportement.
Dans le même article, il étend sa démarche en l'appliquant à l'analyse de ce qu'éprouve le voyageur dans le métro ou laéroport. Là encore, la différenciation des espaces peut être mise en correspondance avec une différenciation des états subjectifs du voyageur. Cest pourquoi il assimile les hôtesses de lair à des prêtresses préposées à un rituel. Comme dautres lavaient souligné, la ritualisation fait toujours partie de la vie institutionnelle : elle saccompagne dune perte de motivation des comportements qui deviennent alors des manières de faire formelles. Moles montre, en somme, que la perte de prégnance cognitive, la perte de la pertinence fonctionnelle crée un mystère et rend cette réalité (personne, espace, situation) disponible pour un nouveau sens issu de son imaginaire affectif. Dans tous ces domaines, le mystère se projette dans l'espace (les portes comportant la mention "accès interdit") et l'organisation spatiale détermine certains sentiments et comportements. C'est pourquoi l'établissement de cartes sur le modèle des lignes isosacrée d'une église est une méthode généralisable aux environnements profanes. Elle premet de rendre compte de la façon dont une structuration topologique rententit sur ceux qui s'y trouvent.
Les archétypes
Moles poursuit sa poétique par l'analyse de formes particulières (gestalt, archétypes), qu'il aborde par la conjoncture d'une analyse phénoménologique des comportements et d'une sorte de psychanalyse de l'espace au sens qu'auraient pu lui donner Carl Jung ou Bachelard.
L'île est l'une de ces formes. L'idée de gestalt est soulignée par l'évidence qu'elle possède un contour délimité par la mer. Mais cette réalité physique ne suffit pas à définir une forme, au sens de la perception. Moles se pose donc la question de ce qu'est une "vraie" île et plus loin si certaines îles seraient plus "îles" que d'autres ! Il note que certaines îles sont trop grandes pour être perçues comme telles. Sur le plan du comportement, il souligne l'importance des rites d'accès (le port, la traversée), ce qui implique dans le comportement touristique un mode spécifique d'arrivée : on n'y passe pas par hasard, mais "on y va" : on décide, on s'organise, etc. L'île est un archétype facile à caractériser : la mer, le port, la montagne, le village,... jusqu'à la grotte sous-marine qui communique avec le volcan presque éteint. Enfin, l'analyse de la vie sociale, notamment touristique, fait apparaître un mode de vie spécifique : une moindre pression sociale (gendarme débonnaire qui incarne un Etat lointain), une plus grande liberté (nudisme), des besoins moindres, une offre commerciales réduite,... L'île est donc bien une forme d'espace spécifique et elle induit une psychosociologie propre dont l'élucidation offre un grand intérêt dans une perspective touristique.
6. Vers une psycho-géographie : de l'espace aux lieux
"C'est la géographie des représentations, parfois qualifiée de géographie cognitive ou phénoménologique, portant son attention sur les attitudes et les comportements des groupes humains dans l'espace, une géographie des espaces vécus (Frémont, 1976), qui fait le plus référence à ce que Moles qualifie de "psycho-géographie". Et il n'est pas étonnant de constater, dès les années 1970, grâce à A. Moles et à des géographes comme P. Claval, H. Capel et A. Frémont, un double mouvement qui porte la psychologie vers la géographie et la géographie vers la psychologie pour saisir comment l'espace devient lieu de vie des hommes". (Bailly, 1993)
La rencontre entre Moles et la géographie était inéluctable, à partir du moment où la géographie s'ouvre aux questions liées à la représentation de l'espace, étendant, par exemple la cartographie aux cartes mentales. Ce faisant la géographie ne se cantonne plus, pour reprendre l'opposition molésienne, à l'approche cartésienne de l'espace étendu, mais s'aventure à l'étude de l'espace vécu par les hommes.
Dans un article précisément intitulé vers une psychogéographie (1981), Moles initie de façon prudente les géographes aux arcanes de la psychologie de l'espace et présente un "digest" de sa théorie, débarrassée pour l'occasion de ses connotations philosophiques qui risqueraient de choquer un tel lectorat. Le point central est le développement d'une typologie des relations fondamentales entre l'homme et l'espace.
De l'espace aux lieux
Par cette problématique, proche de ce que Proshansky appelle "place identity", Moles définit une nouvelle catégorie qui intéresse les géographes (Bailly) ; il passe de l'espace au lieu. Ce processus par lequel un espace reçoit une identité introduit une rupture, des partitions d'espaces (l'Ici opposé à l'Ailleurs). C'est un point central de sa "psychologie".
Reprenant l'idée que l'espace n'est pas neutre pour celui qui s'y trouve, mais chargé de sens, Moles place au premier plan la notion de représentation. Si, de prime abord, cette valorisation est individuelle, les représentations ont cependant des traits communs et peuvent constituer l'objet de science. La valorisation de l'espace présente trois degrés :
La psycho-géographie serait dès lors l'analyse des lieux. Il y a des lieux définis par un certain nombre de propriétés, par le fait qu'"il s'y est passé quelque chose" (lieux historiques), par le fait qu'on peut y pratiquer certaines activités (l'escalade, le bord du ruisseau), par des traits esthétiques particuliers, ce qu'on appellera les "paysages", enfin, par des fonctions sociales remarquables, telles que le lieu de travail, ou le marché. C'est une des tâches du psychosociologue de l'espace de recenser ces lieux, d'essayer de les caractériser et de montrer comment ils agissent sur les comportements humains, ou, réciproquement, comment l'émergence de constances des comportements humains définit les lieux (Moles, 1981).
Le paysage
Un autre volet concerne la théorie des paysages. A la fin de sa carrière strasbourgeoise, Moles dirige plusieurs recherches sur ce sujet et prépare un livre - qui ne paraîtra jamais. Le concept de paysage appartient au champ de ses travaux sur l'espace, mais s'inscrit aussi en prolongement de son intérêt pour l'image. Le paysage est pour Moles, non seulement un environnement particulier perçu, il comporte encore une valorisation. Dans cette optique, il s'intéresse surtout des "beaux paysages", ceux qui suscitent une avidité consommatoire et entrent dans la problématique du tourisme. Voyons deux exemples.
Reprenant les résultats de Stéfanou sur les cartes postales, Moles décrit un cycle socioculturel de célébrité des paysages : les cartes postales en diffusant l'image d'un lieu contribuent à sa notoriété et lui apportent du prestige ; réciproquement la notoriété d'un lieu suscite la prolifération de cartes postales et de photographies.
En connexion avec une autre thématique - peu évoquée jusqu'ici - la nature, Moles note que le (beau) paysage naturel subit une valorisation qui le sacralise. S'enclenche alors un cycle socioculturel lié au tourisme de masse, qui aboutit à différentes formes de pollutions. L'idée d'une pollution visuelle correspond à l'impossibilité de photographier un site dans sa totalité sans être encombré de gens, d'autobus, etc. Selon ce modèle, l'attrait du site finit par plafonner ou même pourra diminuer lorsque la pollution entraînée par la fréquentation devient excessive ; le paysage connaît un processus d'usure. En effet, l'idée romantique de la nature s'accommode mal de pollution.
Toutes ces analyses reposent sur l'idée de représentation de l'espace et décrivent l'interaction entre l'environnement, la représentation et les comportements. Il s'agit donc bien d'une réflexion où convergent la psychologie, la sociologie et la géographie.
7. Le socle anthropologique
Certains développements de la théorie de Moles peuvent être ressentis comme déroutants. Par exemple son insistance sur l'errance et l'enracinement. Il a sans doute raison d'évoquer le nomade, le touriste, l'aventurier,... Mais ces catégories ont-elles, dans notre société, une importance qui justifie cette place ? De plus, cette philosophie de la centralité a pour corollaire une conception très particulière de l'interaction basée sur la méfiance, voire l'hostilité. Même s'il ne s'agit pas là d'un point fondamental dans la pensée de Moles, qui n'est pas un théoricien de l'interaction, mais seulement de l'individu, l'on s'interroge sur l'anthropologie que sa théorie de l'espace implique.
Fischer (1994) attire l'attention sur un article peu connu, intitulé : Communauté et espace, qu'il considère comme présentant le socle anthropologique de sa théorie, à savoir la rencontre dans le cadre de la pensée (culture) juive. Moles introduit cette attitude par la question : l'autre qui vient en face de moi est-il juif ou non juif ?
Cet article est à bien des égards troublant. La présentation qui y est faite du judaïsme n'est probablement pas exempte de quelques références personnelles ayant échappée à la vigilance de cet auteur toujours soucieux de séparer sa pensée, son uvre scientifique, de sa vie personnelle - par exemple cette sibylline allusion à l'enfance juive, mais aussi certains paragraphes où l'ironie ne semble pas absente. Ses rapports avec le judaïsme ne sont pas sans ambiguïté. Un lecteur pressé sera peut-être abusé par l'apparence de plaidoyer avant de découvrir comme une volte-face : la communauté judaïque est une nostalgie.
Ce texte reprend les grands thèmes de la pensée molésienne en les recadrant dans la pensée juive. Vient d'abord la question de la rencontre, puis celle de la dialectique de l'enracinement et de l'errance, enfin la projection (construction) dans l'espace d'un quartier avec son organisation, sa communauté, ses règles. Comment ne pas repenser à l'individu sous le regard, non plus de l'agent de police, mais du rabbin, qui contrôle l'application d'une réglementation stricte ? Toujours la dialectique : communauté/ privatisation.
Faut-il en déduire que Moles a élaboré une théorie juive de l'espace ? Ce serait oublier d'un côté le regard critique, voire ironique, qu'il porte sur sa description de l'organisation du quartier juif, et de l'autre côté que cette anthropologie pourrait n'être qu'une déclinaison d'une tendance fondamentale de la nature humaine. Reprenons par exemple cette question de la rencontre : l'autre qui vient en face de moi est-il juif ou non-juif ? Elle renvoie assurément à une question plus fondamentale encore, composante essentielle du sentiment de sécurité : l'autre qui vient est-il le même ou est-il différent ? Semblable ou étranger ? Ami ou ennemi ? N'est-elle pas fondatrice de l'anthropologie de la rencontre et sous cet angle, n'induit-elle pas une conception d'un être isolé qui appréhende son environnement ? D'autres extensions analogues pourraient être faites sur la base de la dialectique communauté/privatisation, dans laquelle Moles voit une dimension essentielle du rapport entre l'individu et son groupe d'appartenance. Sa théorie semble construite à partir d'une référence qui ne serait que l'expression particulière d'une problématique anthropologique plus fondamentale et universelle.
Conclusions
1. La théorie de l'espace
Au fil des pages, nous avons noté plusieurs affirmations-clés, constituant l'axiomatique fondatrice de la théorie de l'espace.
Ces postulats reposent tous sur l'idée que l'espace n'est ni pur ni neutre. Dans le regard des sciences de l'homme l'isotropie de la géométrie n'existe pas ; l'espace (pur) n'existe pas, il ne peut s'agit que d'un "biais" pour approcher la façon dont l'être établit des catégories de sa perception, de son vécu ou de son action.
2. La méthode
A l'issue de cette présentation, nous pouvons encore caractériser la méthode de Moles en identifiant trois démarches :
La phénoménologie constitue la pierre angulaire de sa théorie. Et c'est pourquoi dans chacune de ses publications, il rappelle la double philosophie de l'espace étendu et de l'espace centré. Comme évoqué, la psychologie de l'espace est liée à cette disposition de l'homme de s'appréhender lui-même comme le centre de son environnement. Comme toute phénoménologie, cette analyse suppose la mise entre parenthèses de quelque chose (principe de réduction phénoménologique) pour arriver au phénomène lui-même. Le contenu des parenthèses est cependant sujet à fluctuation. Tantôt Moles met entre parenthèses l'affectivité pour analyser des formes (gestalt) particulières indépendamment de leur expérience par l'individu. Tantôt il met entre parenthèses les propriétés matérielles pour aborder la dimension imaginaire.
Toutefois, Moles ne se satisfait jamais dune description sensible ou littéraire. Il arme sa phénoménologie de raison, en cherchant à formuler des modèles et des lois, quil formalise toujours par des relations, des typologies, des organigrammes ou des formules mathématiques. La mesure, dit-il, est la manière la plus facile de se distancer -affirmation qui implique que pour lui le résultat de la mesure est probablement moins important que leffort de cerner le phénomène dans ses dimensions propres. Cest la raison pour laquelle on ne trouve chez lui aucune accumulation de tableaux statistiques. Ce serait du "kitsch scientifique" où les apparences de la science seraient prises pour la Science elle-même.
Enfin, Moles ne sen tient jamais à une approche ponctuelle (létude dun phénomène, dune situation, dun cas). Il prolonge toujours sa théorisation dune réflexion dinspiration philosophique. Et c'est pourquoi, lespace lui sert de départ pour une réflexion sur la liberté et, in fine, sur la place et le devenir de l'homme dans le système social.
Ces trois composantes ne sont aucunement propres à ses travaux sur l'espace. Elles se retrouvent également dans sa théorie de l'objet, sa théorie des actes et la micropsychologie. En ce sens, la théorie de l'espace constitue par-delà l'intérêt de cette thématique et de ses conclusions à ce propos, un type d'analyse particulièrement pertinent et fécond et en tous cas un exemple typique de la démarche de cet auteur.
Références citées
ALEXANDRE Victor (1994) La conception de l'individu chez Moles, in Communication, Espace et Société, Actes du colloque, Ed. Association Internationale de Micropsychologie, Strasbourg, 197-208.
BAILLY Antoine (1973) De l'espace aux lieux. L'apport de la micropsychologie et de la géographie des représentations. Bulletin de Micropsychologie nr 23, novembre 1993, 14-18.
FISCHER Gustave (1994) L'espace d'Abraham ou le socle anthropologique de la psychologie de l'espace chez Moles, in Communication, Espace et Société, Actes du colloque, Ed. Association Internationale de Micropsycologie, Strasbourg, 23-28.
MEIER Richard (1972) Croissance urbaine et théorie des communications, Paris, PUF, 236 p., (traduction de l'ouvrage paru en 1962 aux M.I.T. Press).
MOLES Abraham (sous la direction de -) La communication, Paris, (1°ed. CEPL 1971 ) - 2°ed., ed. Gérard, 1973, coll. Marabout Université, 758p (article : écologie de la communication pp. 246-265).
STEFANOU Joseph (1978) Dimensions psychosociales du paysage urbain. Critères d'analyse du paysage par la méthode des cartes postales. Thèse de Doctorat, Université Louis Pasteur, Strasbourg.
STEFANOU Joseph (1989) Iconologie expérimentale du paysage, in La physique des sciences de l'homme, Strasbourg, ed. Oberlin, pp. 169-176
Abraham Moles par lui-même, partie 1 et partie 2, in Bulletin de Micropsychologie, Strasbourg, 1997
ROHMER Elisabeth (1990) Abraham Moles, un intellectuel étranger à la société, in Sociétés, pp45-50
ROHMER Elisabeth (1989) Abraham Moles et l'école de Strasbourg, in La physique des sciences de l'homme, Strasbourg, ed. Oberlin, pp. 7-14
MATHIEN Michel et SCHWACH Victor (1992) De l'ingénieur à l'humaniste, in Communication et Langage, nr°93, 84-98
MATHIEN Michel (1992) L'approche physique de la communication humaine, Hermès, nr 11-12, 331-343
JONAS Stephane (1989) Contribution à la genèse du schéma des coquilles de l'homme chez Moles, in La physique des sciences de l'homme, Strasbourg, ed. Oberlin, pp. 157-162
Actes du colloque : Communication, Espace et Société. Actualité et perspective des théories d'Abraham Moles, Conseil de l'Europe, 1994, Ed. Association Internationale de Micropsychologie.
Publications d'Abraham Moles sur l'espace
I. Livres
Psychologie de l'espace (avec Elisabeth Rohmer), Tournai, ed. Casterman, [1ère ed. collection "Mutation orientations", 1972, 163p], 2ème ed. 1978, 246 p
Labyrinthes du vécu (avec Elisabeth Rohmer), 1982, Paris, Librairie des Méridiens, 183p.
II. Articles
| 1966 | Liberté principale, liberté marginale, liberté interstitielle, Revue française de Sociologie, vol. VII, n° 2, pp. 229-232, Paris |
1971 |
Sociologie de l'habitat, avec J. Schmitt, Neuf, nr 27, 39-48 |
1971 |
Die Zukunft des gebauten Raumes / The future of built-up areas [Le futur de l'espace construit] [in : Kommunikation], Verlag Schnelle Quickborn, Vol. 7 n°1, pp. 39-47, Hambourg |
1972 |
Vers une théorie écologique de l'image ? [in : Image et Communication, Anne-Marie Thibault -Laulan], Editions Universitaires, pp. 49-73, Paris |
1972 |
Psycho-pathologie des grands ensembles [traduit en anglais et en allemand], Education et culture, n°18, pp.4-9, Strasbourg |
1972 |
Tipologia del espacio paisajes [Typologie de l'espace des paysages] (éditorial à Osvaldo Romberg), Centro de Arte y comunicacion, pp. 3-4, Buenos Aires |
1975 |
Psychologie des transports verticaux (avec Victor Schwach), Neuf, n° 56, pp. 62-68, Bruxelles |
1976 |
Aspects psychologiques de l'appropriation de l'espace [in : Appropriation de l'espace Actes de la Conférence de Strasbourg de 1976, P. Korosec-Serfaty], Institut de Psychologie sociale de Strasbourg, pp. 84-99, Strasbourg |
1977 |
Of mazes and men : Psychology of Labyrinths (avec E.Rohmer et P.Friederich) [Des labyrinthes et des hommes : psychologie des labyrinthes], Semiotics of the Environment - EDRA 8, pp. 1-25, |
1977 |
Psychologie und Wahrnehmung des Raumes : Die Schalen des Menschen [Psychologie et perception de l'espace : les coquilles de l'homme] in Verhalten in der Stadt., Institut für Stadtbau und Landesplanung, pp. 13-23, Karlsruhe |
1977 |
The Psychology of Industrial Space (avec Gustave Nicolas Fischer) [Psychologie de l'espace industriel], IF (Systems Construction Analysis Research) MIT, Vol.8 N°1, pp. 41-50, Montréal |
1978 |
L'espace du sacré (avec E. Rohmer), Les cahiers du CRSR, Vol. 2, pp. 133-169, Québec |
1981 |
Des fonctions de la lumière dans la ville, Lux, nr 111, 10-25 |
1982 |
Nissonologie ou science des îles, L'espace géographique, Vol.11 N° 4, pp.281-289, Paris |
1984 |
Théorie de l'information et message cartographique, Revue française des sciences et des techniques, N° 32 juillet-août, pp.11-16, |
1984 |
Communauté et espace [in : Les mouvements religieux aujourd'hui. Théories et pratiques. (Les Cahiers de recherches en sciences de la religion)], Bellarmin, Vol.5, pp. 85-108, Laval (Canada) |
1984 |
Die Schalen des Menschen [Les coquilles de l'homme], Schweizer Baudokumentation, Juin, pp.1-4, Blauen |
1986 |
Vers la réalisation d'une métaphore, une nouvelle typologie des sociétés : sociétés en arbre et société en réseaux, Cahiers du Séminaire de Philosophie, N° 5, pp. 47-70, Strasbourg |
1987 |
La cité câblée, in Annales de la Recherche urbaine, nr 34, pp 80-86 |
1987 |
Dix-sept idées de phénoménologie sur la perception de l'espace. (in ça l'espace), Art (suite) Coll. R'Art, Novembre, pp. 55-61, Nancy |
1989 |
Abraham Moles y la ecologia de la comunicacion, Control, 325, pp.23-30, Madrid |
1989 |
Milieu urbain et optimisation de l'activité humaine [in : Europe, plis et avancées], Revue des Sciences sociales de la France de l'Est, N° 17, pp. 262-263, Strasbourg |
1990 |
El paisaje urbano como fuente de conocimiento [Le paysage urbain comme source de connaissances, avec Claude Lefèvre (in : La Ville Educatrice)], Ajuntament de Barcelona, pp.318-339, Barcelonne |
1990 |
Le paysage urbain comme source de connaissances (in : La Ville Educatrice), Ajuntament de Barcelona, pp.662-683, Barcelonne |
1990 |
Urban landscape as a source of knowledge [Le paysage urbain comme source de connaissances, avec Claude Lefèvre (in : La Ville Educatrice)], Ajuntament Barcelona, pp.631-653, Barcelonne |
1992 |
Vers une psycho-géographie [in : Encyclopédie de Géographie, sous la direction Antoine Bailly, Robert Ferras, Denise Pumain], Economica, pp.177-205, Paris
|
Références exactes manquantes- à rechercher
1985 |
Théorie des lieux étroits ou lieux de concentration, avec Sylvia Cavalcante, inédit, 35p. |
???? |
Tourisme - sécurité ??? |
???? |
Animation urbaine et participation. LA perception humaine des rues piétonnes, Académie nationale des arts de la rue, Centre de recherche d'urbanisme, pp. 21-40 |
???? |
Monde des labyrinthes ou monde comme labyrinthe ??? |
???? |
La consommation des paysages vue sous l'angle économique - texte rédigé pour un futur livre sur la théorie du paysage (inédit) |
???? |
Ressemblances, différences entre les paysages. Typologie et matrices de similarité. Avec Francis Ribey, in Annales de la Recherche urbaine, nr 18-19, pp. 42-50 |
| Référence Bulletin de l'Association Internationale de Micropsychologie nr 32, Novembre, 1997 |